Sur le Mont Kenya / Une création musicale en 2021


Un parcours artistique et audacieux pour 50 enfants de l’école Hector Berlioz, (Lyon 9ème), qui préparent une œuvre du compositeur Jean-Christophe Rosaz, pour chœur d’enfants et percussionnistes : « Sur le Mont Kenya ».


#1 UNE CRÉATION MUSICALE EN 2021

Il implique la participation de musiciens professionnels, et donc une co-production avec le Centre National d'Art Vocal de la région Auvergne-Rhône-Alpes (Spirito/Nicole Corti), et les Percussions Claviers de Lyon.

La production finale est prévue en juin 2021 aux Échappées Belles (Lyon 9è).


Durant une année, les enfants auront fait l’expérience d’un projet fédérateur, une traversée de sonorités et de rythmes nouveaux, une ouverture au monde, et surtout la découverte de leurs propres capacités, développant une plus grande confiance en eux mêmes.


Ce parcours s'adresse aussi aux autres enfants des ateliers MERL, sous la forme d'une sensibilisation aux instruments de percussions dont le marimba par exemple, ou des "instants complices" développés par les Percussions Claviers de Lyon et la Compagnie de danse Hallet Eghayan.


Le projet est conduit par Emmanuel Meliz, musicien de MERL avec l'aide de Benjamin Lunetta, intervenant sur la technique vocale pour Spirito, Centre National d'Art Vocal et dirigé par Nicole Corti.



#2 UN PARCOURS SOUTENU

Après avoir obtenu l'Irénée d'Or de la Fondation Saint-Irénée, c'est le Fonds musical des Jeunesses musicales de France qui soutient le parcours musical Sur le Mont Kenya !

Avec cette double reconnaissance de notre travail et aussi votre engagement, plus de 50 enfants vont bénéficier d'un apprentissage musical et aussi d'une aventure de vie.


C'est le projet phare de cette année 2020-21, un parcours musical qui permet aux enfants de créer une œuvre musicale du compositeur Jean-Christophe Rosaz. Depuis la rentrée de septembre, les 2 classes de l'école Hector Berlioz ont débuté ce travail sous la conduite du musicien intervenant Emmanuel Méliz.

La difficulté de la partition nous a conduits à un renforcement des ateliers avec le soutien de Spirito, Centre national d'art vocal, sous la conduite éminente de Nicole Corti, qui fait intervenir Benjamin Lunetta pour la technique vocale.


Cette œuvre nécessitant 3 percussionnistes, nous avons sollicité les Percussions Claviers de Lyon, aussi sur le territoire du 9e arrondissement, qui accompagnent le projet sous la forme d'ateliers qui se mettent en place.

Parmi les autres soutiens et partenariats, les Éditions Mômeludies, la Cfdt MAIF



#3 INTERVIEW DU COMPOSITEUR JEAN-CHRISTOPHE ROSAZ

Vous venez de rencontrer les enfants qui vont créer "Sur le Mont Kenya" votre partition en juin prochain. Quelles sont vos impressions ? Quels ressentis par rapport aux enfants des 2 classes ? Deux classes très agréables dont il se dégage une très bonne atmosphère de travail grâce à la préparation des institutrices (les questions des enfants - dont certaines très judicieuses fusaient en CM2) et le savoir faire et l'écoute du musicien intervenant Emmanuel Méliz. Un atelier MERL, c'est une classe enfants, un musicien intervenant et un enseignant qui travaillent toutes les semaines et au moins sur une année. Quelle est la place pour vous du compositeur dans cette organisation ? Il est présent par sa musique, il est important qu'il y ait au moins une rencontre-échange entre les différents acteurs d'un projet au cours de laquelle le compositeur peut répondre aux questions des jeunes, les écouter... Quel est le contexte et le sens de l'œuvre "Sur le Mont Kenya" ? Le contexte en était une commande de l'IFAC (Institut Français d'Art Choral) qui souhaitait alors une œuvre dédiée aux voix d'enfants avec percussions. L'idée de l'Afrique comme source d'inspiration s'est vite imposée à moi de par la présence des instruments de percussions avec leurs couleurs, leurs attaques, leurs sonorités,leurs résonances. Le sens ? un voyage - certes rapide - en Afrique en partant d'un jeu sur des mots à la consonance quasi "mythique" tout en y incluant une dimension poétique et imagée dans "Au mont Kenya", de l'humour comme dans "la chanson du caïman", du rythme bien sûr et enfin une allusion (discrète) à la situation des enfants à Lampedusa sur laquelle se termine le cycle de chansons comme un signe d'espoir qu' "entre ici et là-bas" demeure quelque part un espace de liberté et de paix. Votre pièce, Sur le Mont Kenya, n'a jamais été donnée à Lyon, ni par des enfants non lecteurs de la musique. Quels défis cela représente t-il ? Je suis un ancien élève du CNR et du CNSMD donc c'est une création un peu particulière pour moi ! C'est en effet un défi que de faire chanter certaines partitions délicates (dont celle-ci) par des enfants non lecteurs. Pour "A l'ombre du baobab" les enfants non lecteurs, non praticiens de la musique ont été recrutés dans un village en janvier pour une création en juin avec 3 musiciens professionnels le cahier des charges mentionnait une écriture appropriée pour les enfants et tout s'est bien passé. Dans le cas de "Sur le Mont Kenya" la partition existait déjà mais j'ai entière confiance en Nicole Corti [Directrice de Spirito/Centre national d'Art Vocal] et l'équipe qu'elle a choisie et qui mènera à bien le projet. Le travail a été entamé dès septembre par Emmanuel Meliz intervenant pour MERL et Benjamin Lunetta pour Spirito. Où-en sont les enfants dans l'apprentissage ? J'ai entendu 1 chanson avec les CM2 et une autre avec les CM1 il faudrait demander à Emmanuel et Benjamin ce qu'ils ont déjà vu... il y a certes du travail encore mais il reste 3 mois. Quel est le rôle des percussions dans votre partition ? Connaissez-vous les Percussions Claviers de Lyon ? Comme on peut s'y attendre leur rôle y est fondamental : à la fois offrant une assise rythmique solide aux voix des enfants mais aussi en déployant autour d'eux un univers sonore riche et varié de par l'utilisation d'un bon nombre de couleurs qui peut faire penser à la richesse de la nature foisonnante du continent africain. Une invitation aussi aux enfants à découvrir le foisonnement de leurs sonorités ainsi que le mouvement des musiciens, illustrant le passage d'un animal, le bruit du vent dans les arbres, le bruit d'une chute d'eau! Oui je connais les PCL depuis longtemps (ayant été étudiant du CNSMD) et si l'équipe a changé la grande qualité d'interprétation, le soin apporté aux sonorités sont toujours au rendez-vous ! Quel regard portez-vous sur la place de la création dans les écoles des Quartiers Politique de la Ville ? Souvent les personnes concernées sont frileuses envers la création mais quand la synergie et l'osmose sont réunies alors c'est toujours une aventure formidable.



Propos recueillis par Nicolas Crosio

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